jeudi 12 novembre 2009
vendredi 14 août 2009
mercredi 15 juillet 2009
Détour en Donziais
Étant en ce moment exilé dans ce sympathique bled paumé dans la Nièvre, j'ai pris pour vous des photogrammes à usage gentil.
Beaucoup de chars publicitaire, mais que voulez-vous, on les voyait plus que les cyclistes!
Au fait, ne cherchez pas Lance Armstrong. Ayant eu un ennui mécanique, il n'a pas terminé cette étape du tour.
samedi 27 juin 2009
lundi 18 mai 2009
samedi 31 janvier 2009
jeudi 15 mai 2008
Terry Reid Def
mardi 15 avril 2008
La Flamme et les Cons
Intrigué, j'avançai vers un tas de personnes attroupées autour d'un cortège de camions de flics impressionnant. Pendant l'espace de quelques minutes, j'ai bien cru être témoin de la première Police Pride. Au bout d'un moment juste à ma gauche, un homme à l'air respectable (dans les 35 ans, calvitie, lunettes...) s'est mis à s'énerver, à dire très fort que tout cela était "la honte de la France". Dans mon ignorance totale de ce qui se passait, je me suis joint aux cris de ce Monsieur, me moquant des policiers, réclamant qu'on nous amène le président, ce genre de choses...
Puis la foule s'est mise à huer le cortège en chœur. Je me retournai, et mes yeux tombèrent sur deux filles aux pantalons baggy et dreadlocks qui agitaient une bannière ornée du drapeau tibétain. Et soudain, grâce à ces deux boudins, toute la situation m'est devenue limpide : c'était le passage de la Flamme Olympique, et l'ambiance n'était pas vraiment à la fête.
Et l'image qui restera à jamais gravée dans mon esprit apparut :
Une bande de Français vénèr, gueulant et faisant des bras d'honneur aux cars qui transportaient les athlètes Chinois, dont l'expression de joie se décomposait en un regard médusé propre à toute personne insultée sans raison.
Car ces sportifs n'ont rien à voir avec ce que leur gouvernement fait aux Droits de l'Homme, bordel! (c'est-à-dire chier dessus)
De toute façon, TOUTES les grandes nations sont criminelles. Les Jeux Olympiques, et plus généralement le sport au niveau international, sont, comme j'aime à dire, "un moyen de faire la guerre de manière pacifiste".
Alors merde, fait chier le Tibet, rien à foutre que le Dalaï-Lama rencontre ce con de Dave Matthews. Ras le cul des crétins qui préfèrent se mobiliser pour des causes dont ils ne connaissent pas un dixième des détails, plutôt que de sainement se révolter contre leur Monarque Merdique.
Tout ça pour dire que j'ai vu une foule de débiles insulter des gens qui ne l'avaient pas mérité. Je n'ai pas vu de gens "attaquer" la flamme, vu que je me suis barré après le passage des cars, un peu dégoûté par la connerie humaine de mes compatriotes. Mais que penser de ce qui est arrivé à Jin Jing lorsqu'elle portait le flambeau?
Heureusement, de retour à Belleville, j'ai pu savourer le calme d'un quartier dont les habitants ethniquement variés (dont pas mal de Chinois) vaquaient tranquillement à leurs occupations.
Un quartier sain, où les Blancs ne cherchent pas à sauver les minorités pour se donner en spectacle, et, accessoirement, gagner leur place au Paradis.
Tas de cons.
mardi 15 janvier 2008
Exosquelettes dans la Brume
Nous habitons tous six pieds sous terre, non loin de ce qui s’appelait autrefois Orléans, avant les Bombes. Ne disposant que d’un faible nombre de combinaisons antiradiation, nous sommes forcés de n’opérer de sorties qu’en petits groupes, généralement composés d’une escorte de trois à quatre personnes accompagnant deux Collecteurs. Les rôles sont établis selon un calendrier précis, et chacun d’entre nous redoute le jour où il doit une fois encore revêtir l’un de ces satanés exosquelettes. Leur utilisation nécessite un entraînement physique intense, qui se résume le plus souvent à tous courir en cercle dans la salle principale de
Le calendrier m’a désigné comme escorte aujourd’hui. Je me suis levé en maudissant ceux qui avaient le droit de dormir quelques heures de plus, puis me suis dirigé vers
Sans grande surprise, je constate que le Monde Extérieur est encore parcouru par la tempête. A une centaine de mètres de moi, au-travers du sable furibond, je distingue les exosquelettes.
Des Exosquelettes dans
mardi 8 janvier 2008
mardi 1 janvier 2008
lundi 8 octobre 2007
Cheb 'Loul & Le Raï Robotique
Ce phénomène semble dû à un penchant stylistique vers le R'n'B, mais il pourrait également être une sorte de réponse au "Chopped & Screwed", qui est un style de rap né dans le sud des Etats-Unis (créé par DJ Screw, magnifié par Swishahouse) qui consiste, entre autres, à ralentir la voix, lui donnant des propriétés plus menaçantes, donnant un effet puissant de gangsta camé vénèr.
Il n'en est pas de même pour le raï, qui, dans sa forme traditionnelle et néo-traditionnelle, est une musique pacifique. Mais alors pourquoi diable est-ce que ces sympathiques kabyles et leurs voisins ont-ils choisi de modifier leur voix de cette façon? Ca, c'est une question qui restera peut-être à jamais sans réponse pour tous les petits blancs dont je fais partie.
Un artiste, que je surveille depuis un moment avec mon camarade Imam François, sort cependant du lot : Cheb Djelloul (ou Cheb Djeloul).
Au départ plutôt classique dans le genre, notre chanteur a opéré un virement drastique dans sa carrière, rasant sa magnifique moustache, et, vous l'aurez deviné, en robotisant sa voix. A outrance. Personnellement, nous préférons le bon vieux Cheb 'Loul moustachu.
Nous le suspectons d'avoir lancé le style, et d'être une star trop méconnue du grand public, contrairement aux vendus qui sont entrés dans le rayon de la variété française.
Ecoutes conseillées : Dommage (en duo avec Cheba Zahouania), Maaliche, et Chkoun Kan Ygoul (orthographe variable, et à ne pas confondre avec Chkoun Kan Igoul, album et chanson éponyme du groupe de rap algérien FFA).
Cliquez là pour voir sa page (un peu vide) aux Editions Sun House, boîte où il a apparemment commencé à prendre de l'hélium.
Ci-dessous, une des trop rares vidéos d'une performance de Djelloul, un exemple audio saisissant du Djelloul-Cyborg (pour vous montrer que je ne délire pas complètement), et une obscure vidéo où l'on peut voir le Roi au naturel.
Chkoun Kan Ygoul:
Dernière minute! Incroyable, voici une page où vous pourrez trouver de nombreux albums de Cheb 'Loul, ainsi que des tas d'autres artistes, en streaming. Il y a même des albums limite vintage de Khaled, entre autres (écoutez "Khoude K'rak" à tout prix).
Encore une update : la quête du qui et du pourquoi du Raï Robotique m'a mené vers cette interview (qui date tout de même de 2002).
On y apprend que le "son" aurait été créé chez Boualem Disco Maghreb pour Cheba Djenet lors de la production de son titre Matadjebdouliche. Or, il se trouve que Cheba Djenet (plutôt connue dans le milieu, il me semble) a fait un album en duo avec notre bon vieux Cheb 'Loul!
Laissez-moi vous dire que je suis stupéfait de toutes ces découvertes, il faut que j'aille avertir tous mes nutons.
jeudi 4 octobre 2007
C'est un peu court, jeune con.
découvrent un disque dur
quasi intact. Après plusieurs
mois de recherche, ils
parviennent à en visualiser
le contenu : du cul et
des vidéos de Ben Laden.
mardi 15 mai 2007
La Revanche des Sith Internet
dimanche 6 mai 2007
Perspectives d'Azote
J’ai donc dû commencer par les membres du personnel les moins efficaces, pour ne pas éveiller les soupçons.
Ahmid Ben Sahlad fut parmi les premiers ; je me souvenais de lui notamment à cause de son nom amusant, mais il se trouvait qu’il était également un travailleur exécrable doublé d’un "marrant" invétéré. Après un entretien où je me surpris à rire de bon cœur de certaines de ses remarques, j’annonçai à Ahmid la dure décision, celle qui allait bouleverser sa vie, pour le pire. Le clown n’en était plus un, et je vis en une seconde tout un univers s’effondrer dans les yeux du premier cobaye de ce que l’on allait plus tard appeler "L’Opération Frères Blancs".
Je pensai à mon CV.
***
Date notoire : le Rat a été élu par la majorité du Peuple. Il devient de ce fait le Roi des Rats.
vendredi 4 mai 2007
Ecran Fixe
Lorsque le temps est morne, je quitte ma fenêtre pour en trouver tes multiples.
Lorsque le temps se languit, j’embrasse ta lumière, je m’embarque dans ton instantané.
Tu es prévisible, certes, mais souvent tu me surprends. Serais-tu doué de vie ?
Pourquoi pas ? Tu ne cesse de bouger quand dehors reste inchangé.
Pourquoi m’en séparer ?
Tu es mon fix.
mardi 24 avril 2007
CIA-Muslim-Tactics
vendredi 30 mars 2007
Déjà Poney
N'empêche, ça aurait pu donner lieu à une chouette histoire chiante et pompeuse comme Alpine Occulte (voir plus bas). Plein l'cul. Le processus créatif? C'est de la merde. Hitler avait loupé ses études artistiques, et c'est pour ça qu'il est devenu méchant! Après, allez savoir pourquoi tout un pays l'a suivi, alors qu'il préchait la supériorité de personnes dont le physique n'était absolument pas le sien. Etaient-ils tous dingues? Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment là? Comment ont-ils réagi quand les SS ont commencé à défiler sous leurs fenêtres?
Je suis tenté de faire la comparaison avec le Nain Teigneux qui risque bien d'être notre prochain président, mais ce serait soit trop facile, soit complètement à-côté de la plaque.
Nous vivons des temps merdeux (ou géniaux, pour les personnes au sens de l'humour surdéveloppé). La ligne est fine entre guerre froide et guerre mondiale. Aucune idée de ce qui va se passer demain, et où. Il ne manque plus grand chose pour que ça devienne la Grande Merde Globale. Et peut-être verrons-nous de notre vivant l'Allemagne ENFIN imposer sa domination, avec un régime écolo-industrialiste. Comment ça, ça veux dire nazi? Mais non, j'ai voté John Kerry moi Monsieur.
mardi 13 mars 2007
Alpine Occulte
La route sinueuse traçait son chemin au-travers des pins sans que le relief ne vînt à perturber sa progression. Serpentine, elle tenait plus de l’aspic que du boa constrictor, similaire à ces quatre-voies où les salariés s'entassent chaque matin.
Point d’émeutes ni cacophonie n’accompagnaient la voiture, qui, tel le pou sur le poil, semblait se nourrir du bitume. Elle filait à pleine vitesse, consciente de sa solitude libératrice, faisant fi de ces nombreux virages plus ou moins serrés.
Les cimes filtraient les rayons du soleil de telle manière qu'une sorte d'animation abstraite défilait sur le fuselage de l'engin de manière stroboscopique. Les vitres étaient teintées et la carrosserie, noire, ce qui donnait à l'engin une forme de torpille, sans conducteur, probablement télécommandée. Un prototype quelconque évadé dans la nature.
Le Cousin Bobby
Il était une fois un homme qui s’appelait Robert, et comme il était Américain et de petite taille, les gens l’appelaient Bob le Nain, ou plutôt « Bob the Dwarf ».
Un jour Bob décida de partir chercher de l’or dans la mine abandonnée qui se trouvait non-loin de chez lui. Grâce à sa petite taille, il n’eût bien-sûr aucun mal à se glisser entre les poutres et les gravats qui obstruaient le passage. Une fois que Bob eût trouvé une torche pour s’éclairer, il l’alluma et se retrouva...
...à
Perdu dans le rayon des télés géantes, Bob le Nain sentait peser sur lui le regard de Julien Lepers, dont le visage s’étendait à perte de vue dans ces grandes boîtes disposées le long du mur. Bob décida que ce paragraphe n’était pas très drôle, alors il décida de revenir dans la mine. Sacré Bob !
Les murs de ce qui ressemblait à une caverne s’illuminaient peu-à-peu, à mesure que les flammes de la torche en léchaient la paroi rocailleuse. Bob commençait à distinguer des formes et des dessins partout autour de lui. Ils apparaissaient au fur et à mesure de la progression de la lumière jusqu’à ce qu’un seul coin de la pièce ne soit encore plongé dans l’obscurité. Alors, une forme se détacha de l’ombre et vînt s’assoir à-côté de Bob.
« Bonjour, Bob le Nain, dit-il, je t’attendais. Mon nom est J.R, je suis le gardien de ce temple ». Bob, tour-à-tour abasourdi et émerveillé, admirait cet homme au chapeau de cow-boy qui lui était apparu de manière si mystique. Le gardien lui donna alors quelque chose qui ressemblait fort à une endive, et se volatilisa, laissant derrière lui une traînée de poussière d’étoiles.
Bob resta béat durant au moins dix bonnes minutes, au bout desquelles il courut hors de la mine jusqu’à son village, où il exhiba fièrement sa trouvaille. « Regardez mon endive magique! », s’écria-t-il alors que ceux qu’il appelait habituellement les Grands Bâtards passaient en l’ignorant. « Mais enfin, regardez cette endive, s’écria-t-il encore, c’est J.R, le gardien du temple, qui me l’a donnée! ». Mais personne ne semblait faire attention à ce petit bonhomme qui agitait son endive.
Soudain, j’en ai eu marre d’écrire.
Fils des Arbres
Parfois, lorsqu’au village il était dit qu’un poulet avait disparu, je savais qu’Il était revenu. Alors j’allais dans la forêt de Bois-les-Pins jusqu’à la cabane que nous avions bâtis ensemble le jour où nous nous sommes rencontrés, et je criais...
Au bout de quelques secondes, sa tête hirsute émergeait du feuillage du grand chêne où se trouvait ladite cabane. Une tête petite et ronde sous un tas de cheveux (un peu comme s’il avait été un indien Jivaro qui s’était lui-même réduit la tête) émergeait. Puis, il criait lui-aussi, et descendait les branches à toute vitesse pour venir me saluer.
C’était un enfant de notre Mère Nature, un fils de la forêt, un être libéré des chaînes de notre civilisation car les ignorant totalement (c’était en-effet un clochard). La légende prétend qu’il serait issu de l’union entre un ours et une louve, mais il serait alors doté d’une épaisse fourrure, et comme il se baladait tout le temps à poil, j’ai bien vu qu’il était juste un humain fou.
Alors j’ai décidé de chercher ses origines...
Je suis parti à Pitougny-les-Bains, grande ville la plus proche, où j’ai entrepris, à la mairie et à la bibliothèque, d’importantes recherches qui ne furent pas faciles, vu que je ne connaissais pas son nom.
J’ai finalement trouvé dans un ouvrage poussiéreux une gravure d’un couple lui ressemblant étrangement, et qui était soi-disant mort dans « un accident de porte ». Tel un bandit des grands chemins, j’ai déchiré la page, que j’ai ramenée à mon ami.
La réaction fut sans précédent. Il a commencé à se tordre bizarrement, et à pousser des cris rauques et des râles puissants, et puis il s’est retourné comme une chaussette et il a explosé.
Je ne suis plus le même depuis cette tragédie.
vendredi 9 mars 2007
Saleté faite par contrats, sale bon marché (épisode 5)
[…] Je venais de me rendre compte que le jour où j’avais perdu mes clés coïncidait avec celui où le virus était apparu sur mon ordinateur. C’est à cet instant-là que j’ai abandonné toute volonté de combattre le problème par des moyens rationnels. J’ai passé deux ans au Pérou, cinq à Cuba, et maintenant neuf à Seattle, où j’habite avec Meg.
Ses cheveux sont soyeux et chacun de ses sourires me fait peu-à-peu oublier l’effroi que j’avais éprouvé lors de l’hiver 1985. Cette date qui ne veut pas s’effacer de ma tête, qui me hante lorsque je veux dormir. […]
Elle voyait le mâle partout
Elle voyait le mâle partout. Comme d’avoir une peur panique d’un certain type de clowns. Elle se retournait dans la rue de manière stressée au moindre passant trop velu, ses mains se crispaient dans ses poches dès qu’elle mettait le nez dehors. Ses collègues l’ont longtemps prise pour une tarée jusqu’au jour où ils ont découvert qu’elle était goudou !
jeudi 8 mars 2007
Je ne suis pas un Fils de Pute.
lundi 30 août
Qui est ce mystérieux travesti qui vient de s’installer chez moi sans ma permission? Durant toute la semaine dernière, j’ai essayé de le faire sortir de mon appartement, mais aujourd’hui, j’ai compris qu’il pouvait m’être utile en cas de catastrophe nucléaire.
mardi 10 mars
Décidemment, ce vétéran du Viêt-Nam qui habite non-loin de chez moi devrait cesser de terroriser les vieilles femmes. J’ai décidé de faire signer une pétition dans le quartier pour le faire jeter en prison.
mercredi 18 août
Un rustre a essayé de me vendre un aspirateur! Il va sans dire qu’après l’avoir assommé, je l’ai traîné dans mon appartement afin de lui raboter le dos avec une casserole. Je n’ai cependant pas eu le courage de lui greffer un canapé comme je l’avais prévu, mais il a quand-même eu la monnaie de sa pièce!
jeudi 50 décembre
Alors là, la coupe est pleine! J’en ai assez de ces innombrables bulbes qui poussent sous mes ongles. C’est avec difficulté que je t’écris, carnet intime, étant-donné que mes mains ne sont plus que deux gros moignons.
J’ai eu du mal à boire mon café ce matin!
vendredi 8 octobre
J’ai de plus en plus peur de devenir un arbre. Hier, j’ai vu à ma fenêtre des hommes bizarres déguisés en rats tuer un vieux monsieur à mains nues. Depuis, j’évite de sortir de chez moi sans mon bon vieux Magnum 44. Ces fils de pute vont comprendre qui est le Roi!
samedi 9 mars
Je crois qu’aujourd’hui je devrais penser à déboucher les chiottes. Effectivement, quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’à peine sorti du bain, mes pieds aterrirent dans une flaque de merde!
dimanche 1 novembre
Cet «Arthur», qui se prétend dresseur de fauves, est bigrement louche. Je le suspecte d’apporter en secret des cartons dans ma salle de bain, après m’avoir fait boire de la cire à parquet. En effet, je me suis réveillé aujourd’hui au beau milieu d’une ferme avec pour seul vêtement un chapeau en forme de zob.
Allez vous faire enculer
Une sombre histoire criminelle dans le Paris contemporain.
Ces bâtards avaient finalement pris leur décision. Qu’elle soit dûe au mur que j’avais détruit, à l’argent que je leur volais régulièrement pour m’acheter de l’éther, ou encore l’incroyable foule de travestis, proxénètes et dealers qui mettaient les pieds chez eux par mon intermédiaire, je n’en avais à présent plus rien à foutre.
Mes parents m’avaient finalement foutus à la porte, et il allait désormais falloir que je gère ma vie tout seul.
J’ai passé environ deux ans à importuner mes amis en vivant chez eux avant de trouver, par chance, à la fois un travail et un logement. Je résidais désormais dans une chambre de bonnes située au septième étage d’un immeuble bourgeois, non loin du métro Convention. Je fis très vite connaissance avec la concierge, une grosse, à qui j’eûs immédiatement envie de faire la peau sans raison particulière. J’avais heureusement trouvé dans mon travail une sorte d’échappatoire, une activité machinale où je pouvais enfin ne rien penser.
J’étais employé comme sous-fifre au McDonald’s du quartier, où l’on avait accepté de m’embaucher malgré ma tête de con, mon absence totale de diplômes, et mon épais casier judiciaire.
Là, je découvris la joie de l’huile, qui fut d’ailleurs mon unique réel plaisir vu la médiocrité du travail en lui-même. Ces fils de pute croyaient faire de moi l’esclave du Client, mais ils ont moins ri le jour où j’ai balancé ma propre merde à la face d’un de ces salopards de vieux. Je suis donc parti travailler chez Quick...
Au bout de trois ans, je disposais enfin du strict minimum vital : un matelas, un frigo, un micro-ondes, une télé/magnétoscope, et bien-sûr une impressionnante bibliothèque de cassettes pornos. Ah, et aussi quelques posters d’Iron Maiden.
J’avais également commencé une petite collection d’armes allant du simple canif au plus redoutable fusil à lunette, qui me servait entre-autres à détruire les fenêtres de mes voisins d’en-face.
Je baignais, on peut le dire, dans une éspèce de train-train sympathique. Probablement ce que les Connards appellent « un signe de maturité ». Mais bon, j’étais heureux. Heureux de m’en être sorti, d’être indépendant.
Cependant, en ce merdique mois de Mai 97, quelque chose vint bouleverser mon univers placide : une abominable odeur de crabe mort emplissait tout l’étage des chambres de bonnes.
Je décidai aussitôt d’en avertir la copropriété de l’immeuble, qui, visiblement, n’en avait rien à foutre. J’ai donc retroussé mes manches, entreprenant une petite enquête qui me mena assez vite chez mon voisin le plus proche...
Il s’appelait Léon Chunitre, et avait 55 ans. C’était une sale enflure qui s’amusait, lorsque sa collection de crânes de rats le lassait, à défêquer par la fenêtre sur quelque passant malchanceux. Comprenant rapidement que l’infâme odeur ne pouvait provenir que de chez lui, j’en fis non sans nausées chroniques mon allié et ami.
Le Million Dollar Sermon
Dimanche 9 Juillet 2000 – Honolulu, Hawaï.
J’arrivai vers 18h au 3650 Waialae Avenue, comme indiqué sur l’affiche « Ted Dibiase, the truth about the Million Dollar Man ». Grande surprise lorsque je réalisai que le bâtiment n’était autre qu’un lieu de culte, la « Harvest Church ». Une secte ? Le seul moyen de le savoir était d’y entrer...
Il ne me fallut pas longtemps avant d’avoir la Frousse : groupe avec guitares, basse, batterie, clavier, et un chanteur dont le mot « God » revenait dans les paroles plus de fois que le nombre de fleurs sur toutes les chemises hawaïennes de la salle réunies.
Où étais-je tombé ? Quel était ce lieu ?
Une troupe de danseurs absurdes suivit le groupe, mais tout ceci ne s’avéra qu’être du remplissage en attendant Ted, LE Million Dollar Man, qui fit bientôt son apparition vêtu, bien entendu, d’une chemise hawaïenne.
-Musique du Million Dollar Man-
Il a alors commencé à raconter des trucs, genre qu’il avait assez de thune pour acheter n’importe quoi. « Je peux même t’acheter, toi ! », finit-il par dire au Pasteur. Petite scène de théâtre, donc, le Pasteur nous dit qu’il est désolé, que ça ne devait pas se passer ainsi...
Ha ha ha, les gens rigolent mais c’est ridicule. Ah merde je me suis marré aussi !
Enfin bref, Ted enchaîne finalement la suite de son sermon avec une phrase du style : « Mais je ne peux pas acheter Jésus ». A partir de là, il a donc pendant 1h30 raconté sa vie, ponctuée de moults détails dramatiques clichés (« Je n’ai jamais connu mes vrais parents », ou « La célébrité m’avait fait oublier ma famille », etc.), en proclamant bien-sûr que c’est « God » qui l’avait sauvé, et bla bla bla, tout le monde est content.
A la fin, il a appelé à venir s’agenouiller tout devant ceux qui ne connaîssaient pas Jésus (en gros, les gens qui, comme moi, étaient juste venus LE voir), et à mon grand étonnement, plusieurs gros gangstas sont venus S’AGENOUILLER DEVANT LE MILLION DOLLAR MAN !
Il y eut encore deux chansons de merde, et, voyant que le « staff » de l’église (dont la femme du Pasteur) venait discuter avec toutes les nouvelles têtes, je m’éclipsai discrètement (malgré ma chemise ultra-voyante), les cheveux hérissés par la Frousse.
Je tiens tout-de-même à dénoncer l’acte de traitrise que Ted a montré vis-à-vis de la VRAIE religion, lorsqu’il a affirmé que le catch n’était QUE du spectacle. Quelle honte !


