



Bienvenue, venez-donc perdre votre temps sur mon blog! Petits fours? Orangeade?





Nous habitons tous six pieds sous terre, non loin de ce qui s’appelait autrefois Orléans, avant les Bombes. Ne disposant que d’un faible nombre de combinaisons antiradiation, nous sommes forcés de n’opérer de sorties qu’en petits groupes, généralement composés d’une escorte de trois à quatre personnes accompagnant deux Collecteurs. Les rôles sont établis selon un calendrier précis, et chacun d’entre nous redoute le jour où il doit une fois encore revêtir l’un de ces satanés exosquelettes. Leur utilisation nécessite un entraînement physique intense, qui se résume le plus souvent à tous courir en cercle dans la salle principale de
Le calendrier m’a désigné comme escorte aujourd’hui. Je me suis levé en maudissant ceux qui avaient le droit de dormir quelques heures de plus, puis me suis dirigé vers
Sans grande surprise, je constate que le Monde Extérieur est encore parcouru par la tempête. A une centaine de mètres de moi, au-travers du sable furibond, je distingue les exosquelettes.
La route sinueuse traçait son chemin au-travers des pins sans que le relief ne vînt à perturber sa progression. Serpentine, elle tenait plus de l’aspic que du boa constrictor, similaire à ces quatre-voies où les salariés s'entassent chaque matin.
Point d’émeutes ni cacophonie n’accompagnaient la voiture, qui, tel le pou sur le poil, semblait se nourrir du bitume. Elle filait à pleine vitesse, consciente de sa solitude libératrice, faisant fi de ces nombreux virages plus ou moins serrés.
Les cimes filtraient les rayons du soleil de telle manière qu'une sorte d'animation abstraite défilait sur le fuselage de l'engin de manière stroboscopique. Les vitres étaient teintées et la carrosserie, noire, ce qui donnait à l'engin une forme de torpille, sans conducteur, probablement télécommandée. Un prototype quelconque évadé dans la nature.
Il était une fois un homme qui s’appelait Robert, et comme il était Américain et de petite taille, les gens l’appelaient Bob le Nain, ou plutôt « Bob the Dwarf ».
Un jour Bob décida de partir chercher de l’or dans la mine abandonnée qui se trouvait non-loin de chez lui. Grâce à sa petite taille, il n’eût bien-sûr aucun mal à se glisser entre les poutres et les gravats qui obstruaient le passage. Une fois que Bob eût trouvé une torche pour s’éclairer, il l’alluma et se retrouva...
...à
Perdu dans le rayon des télés géantes, Bob le Nain sentait peser sur lui le regard de Julien Lepers, dont le visage s’étendait à perte de vue dans ces grandes boîtes disposées le long du mur. Bob décida que ce paragraphe n’était pas très drôle, alors il décida de revenir dans la mine. Sacré Bob !
Les murs de ce qui ressemblait à une caverne s’illuminaient peu-à-peu, à mesure que les flammes de la torche en léchaient la paroi rocailleuse. Bob commençait à distinguer des formes et des dessins partout autour de lui. Ils apparaissaient au fur et à mesure de la progression de la lumière jusqu’à ce qu’un seul coin de la pièce ne soit encore plongé dans l’obscurité. Alors, une forme se détacha de l’ombre et vînt s’assoir à-côté de Bob.
« Bonjour, Bob le Nain, dit-il, je t’attendais. Mon nom est J.R, je suis le gardien de ce temple ». Bob, tour-à-tour abasourdi et émerveillé, admirait cet homme au chapeau de cow-boy qui lui était apparu de manière si mystique. Le gardien lui donna alors quelque chose qui ressemblait fort à une endive, et se volatilisa, laissant derrière lui une traînée de poussière d’étoiles.
Bob resta béat durant au moins dix bonnes minutes, au bout desquelles il courut hors de la mine jusqu’à son village, où il exhiba fièrement sa trouvaille. « Regardez mon endive magique! », s’écria-t-il alors que ceux qu’il appelait habituellement les Grands Bâtards passaient en l’ignorant. « Mais enfin, regardez cette endive, s’écria-t-il encore, c’est J.R, le gardien du temple, qui me l’a donnée! ». Mais personne ne semblait faire attention à ce petit bonhomme qui agitait son endive.
Soudain, j’en ai eu marre d’écrire.
Parfois, lorsqu’au village il était dit qu’un poulet avait disparu, je savais qu’Il était revenu. Alors j’allais dans la forêt de Bois-les-Pins jusqu’à la cabane que nous avions bâtis ensemble le jour où nous nous sommes rencontrés, et je criais...
Au bout de quelques secondes, sa tête hirsute émergeait du feuillage du grand chêne où se trouvait ladite cabane. Une tête petite et ronde sous un tas de cheveux (un peu comme s’il avait été un indien Jivaro qui s’était lui-même réduit la tête) émergeait. Puis, il criait lui-aussi, et descendait les branches à toute vitesse pour venir me saluer.
C’était un enfant de notre Mère Nature, un fils de la forêt, un être libéré des chaînes de notre civilisation car les ignorant totalement (c’était en-effet un clochard). La légende prétend qu’il serait issu de l’union entre un ours et une louve, mais il serait alors doté d’une épaisse fourrure, et comme il se baladait tout le temps à poil, j’ai bien vu qu’il était juste un humain fou.
Alors j’ai décidé de chercher ses origines...
Je suis parti à Pitougny-les-Bains, grande ville la plus proche, où j’ai entrepris, à la mairie et à la bibliothèque, d’importantes recherches qui ne furent pas faciles, vu que je ne connaissais pas son nom.
J’ai finalement trouvé dans un ouvrage poussiéreux une gravure d’un couple lui ressemblant étrangement, et qui était soi-disant mort dans « un accident de porte ». Tel un bandit des grands chemins, j’ai déchiré la page, que j’ai ramenée à mon ami.
La réaction fut sans précédent. Il a commencé à se tordre bizarrement, et à pousser des cris rauques et des râles puissants, et puis il s’est retourné comme une chaussette et il a explosé.
Je ne suis plus le même depuis cette tragédie.
[…] Je venais de me rendre compte que le jour où j’avais perdu mes clés coïncidait avec celui où le virus était apparu sur mon ordinateur. C’est à cet instant-là que j’ai abandonné toute volonté de combattre le problème par des moyens rationnels. J’ai passé deux ans au Pérou, cinq à Cuba, et maintenant neuf à Seattle, où j’habite avec Meg.
Ses cheveux sont soyeux et chacun de ses sourires me fait peu-à-peu oublier l’effroi que j’avais éprouvé lors de l’hiver 1985. Cette date qui ne veut pas s’effacer de ma tête, qui me hante lorsque je veux dormir. […]
Elle voyait le mâle partout. Comme d’avoir une peur panique d’un certain type de clowns. Elle se retournait dans la rue de manière stressée au moindre passant trop velu, ses mains se crispaient dans ses poches dès qu’elle mettait le nez dehors. Ses collègues l’ont longtemps prise pour une tarée jusqu’au jour où ils ont découvert qu’elle était goudou !
lundi 30 août
Qui est ce mystérieux travesti qui vient de s’installer chez moi sans ma permission? Durant toute la semaine dernière, j’ai essayé de le faire sortir de mon appartement, mais aujourd’hui, j’ai compris qu’il pouvait m’être utile en cas de catastrophe nucléaire.
mardi 10 mars
Décidemment, ce vétéran du Viêt-Nam qui habite non-loin de chez moi devrait cesser de terroriser les vieilles femmes. J’ai décidé de faire signer une pétition dans le quartier pour le faire jeter en prison.
mercredi 18 août
Un rustre a essayé de me vendre un aspirateur! Il va sans dire qu’après l’avoir assommé, je l’ai traîné dans mon appartement afin de lui raboter le dos avec une casserole. Je n’ai cependant pas eu le courage de lui greffer un canapé comme je l’avais prévu, mais il a quand-même eu la monnaie de sa pièce!
jeudi 50 décembre
Alors là, la coupe est pleine! J’en ai assez de ces innombrables bulbes qui poussent sous mes ongles. C’est avec difficulté que je t’écris, carnet intime, étant-donné que mes mains ne sont plus que deux gros moignons.
J’ai eu du mal à boire mon café ce matin!
vendredi 8 octobre
J’ai de plus en plus peur de devenir un arbre. Hier, j’ai vu à ma fenêtre des hommes bizarres déguisés en rats tuer un vieux monsieur à mains nues. Depuis, j’évite de sortir de chez moi sans mon bon vieux Magnum 44. Ces fils de pute vont comprendre qui est le Roi!
samedi 9 mars
Je crois qu’aujourd’hui je devrais penser à déboucher les chiottes. Effectivement, quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’à peine sorti du bain, mes pieds aterrirent dans une flaque de merde!
dimanche 1 novembre
Cet «Arthur», qui se prétend dresseur de fauves, est bigrement louche. Je le suspecte d’apporter en secret des cartons dans ma salle de bain, après m’avoir fait boire de la cire à parquet. En effet, je me suis réveillé aujourd’hui au beau milieu d’une ferme avec pour seul vêtement un chapeau en forme de zob.
Une sombre histoire criminelle dans le Paris contemporain.
Ces bâtards avaient finalement pris leur décision. Qu’elle soit dûe au mur que j’avais détruit, à l’argent que je leur volais régulièrement pour m’acheter de l’éther, ou encore l’incroyable foule de travestis, proxénètes et dealers qui mettaient les pieds chez eux par mon intermédiaire, je n’en avais à présent plus rien à foutre.
Mes parents m’avaient finalement foutus à la porte, et il allait désormais falloir que je gère ma vie tout seul.
J’ai passé environ deux ans à importuner mes amis en vivant chez eux avant de trouver, par chance, à la fois un travail et un logement. Je résidais désormais dans une chambre de bonnes située au septième étage d’un immeuble bourgeois, non loin du métro Convention. Je fis très vite connaissance avec la concierge, une grosse, à qui j’eûs immédiatement envie de faire la peau sans raison particulière. J’avais heureusement trouvé dans mon travail une sorte d’échappatoire, une activité machinale où je pouvais enfin ne rien penser.
J’étais employé comme sous-fifre au McDonald’s du quartier, où l’on avait accepté de m’embaucher malgré ma tête de con, mon absence totale de diplômes, et mon épais casier judiciaire.
Là, je découvris la joie de l’huile, qui fut d’ailleurs mon unique réel plaisir vu la médiocrité du travail en lui-même. Ces fils de pute croyaient faire de moi l’esclave du Client, mais ils ont moins ri le jour où j’ai balancé ma propre merde à la face d’un de ces salopards de vieux. Je suis donc parti travailler chez Quick...
Au bout de trois ans, je disposais enfin du strict minimum vital : un matelas, un frigo, un micro-ondes, une télé/magnétoscope, et bien-sûr une impressionnante bibliothèque de cassettes pornos. Ah, et aussi quelques posters d’Iron Maiden.
J’avais également commencé une petite collection d’armes allant du simple canif au plus redoutable fusil à lunette, qui me servait entre-autres à détruire les fenêtres de mes voisins d’en-face.
Je baignais, on peut le dire, dans une éspèce de train-train sympathique. Probablement ce que les Connards appellent « un signe de maturité ». Mais bon, j’étais heureux. Heureux de m’en être sorti, d’être indépendant.
Cependant, en ce merdique mois de Mai 97, quelque chose vint bouleverser mon univers placide : une abominable odeur de crabe mort emplissait tout l’étage des chambres de bonnes.
Je décidai aussitôt d’en avertir la copropriété de l’immeuble, qui, visiblement, n’en avait rien à foutre. J’ai donc retroussé mes manches, entreprenant une petite enquête qui me mena assez vite chez mon voisin le plus proche...
Il s’appelait Léon Chunitre, et avait 55 ans. C’était une sale enflure qui s’amusait, lorsque sa collection de crânes de rats le lassait, à défêquer par la fenêtre sur quelque passant malchanceux. Comprenant rapidement que l’infâme odeur ne pouvait provenir que de chez lui, j’en fis non sans nausées chroniques mon allié et ami.
Dimanche 9 Juillet 2000 – Honolulu, Hawaï.
J’arrivai vers 18h au 3650 Waialae Avenue, comme indiqué sur l’affiche « Ted Dibiase, the truth about the Million Dollar Man ». Grande surprise lorsque je réalisai que le bâtiment n’était autre qu’un lieu de culte, la « Harvest Church ». Une secte ? Le seul moyen de le savoir était d’y entrer...
Il ne me fallut pas longtemps avant d’avoir la Frousse : groupe avec guitares, basse, batterie, clavier, et un chanteur dont le mot « God » revenait dans les paroles plus de fois que le nombre de fleurs sur toutes les chemises hawaïennes de la salle réunies.
Où étais-je tombé ? Quel était ce lieu ?
Une troupe de danseurs absurdes suivit le groupe, mais tout ceci ne s’avéra qu’être du remplissage en attendant Ted, LE Million Dollar Man, qui fit bientôt son apparition vêtu, bien entendu, d’une chemise hawaïenne.
-Musique du Million Dollar Man-
Il a alors commencé à raconter des trucs, genre qu’il avait assez de thune pour acheter n’importe quoi. « Je peux même t’acheter, toi ! », finit-il par dire au Pasteur. Petite scène de théâtre, donc, le Pasteur nous dit qu’il est désolé, que ça ne devait pas se passer ainsi...
Ha ha ha, les gens rigolent mais c’est ridicule. Ah merde je me suis marré aussi !
Enfin bref, Ted enchaîne finalement la suite de son sermon avec une phrase du style : « Mais je ne peux pas acheter Jésus ». A partir de là, il a donc pendant 1h30 raconté sa vie, ponctuée de moults détails dramatiques clichés (« Je n’ai jamais connu mes vrais parents », ou « La célébrité m’avait fait oublier ma famille », etc.), en proclamant bien-sûr que c’est « God » qui l’avait sauvé, et bla bla bla, tout le monde est content.
A la fin, il a appelé à venir s’agenouiller tout devant ceux qui ne connaîssaient pas Jésus (en gros, les gens qui, comme moi, étaient juste venus LE voir), et à mon grand étonnement, plusieurs gros gangstas sont venus S’AGENOUILLER DEVANT LE MILLION DOLLAR MAN !
Il y eut encore deux chansons de merde, et, voyant que le « staff » de l’église (dont la femme du Pasteur) venait discuter avec toutes les nouvelles têtes, je m’éclipsai discrètement (malgré ma chemise ultra-voyante), les cheveux hérissés par la Frousse.
Je tiens tout-de-même à dénoncer l’acte de traitrise que Ted a montré vis-à-vis de la VRAIE religion, lorsqu’il a affirmé que le catch n’était QUE du spectacle. Quelle honte !
***
UPDATE!
Voici une petite vidéo pour que vous puissiez voir à quoi ressemble le Million Dollar Man. La suite concerne surtout Paul Bearer et son urne.